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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 22:13



Depuis sept ans, la Comédie prête sa scène à de belles plumes et se donne les moyens de les faire parler. Du 11 au 20 décembre, le festival Reims à scène ouverte invite en effet de grands acteurs à mettre en voix poèmes ou récits.

Emmanuel Demarcy-Mota, directeur de la Comédie, explique la démarche : ce qui est intéressant, c’est « le passage à la scène des différentes formes d’écritures, surtout de celles qui n’y étaient pas destinées, dans des lieux différents et parfois incongrus, cherchant aussi à réinventer d’autres rapports aux spectateurs, d’autres façons d’approcher la langue […] et les mots. [Il s’agit de] convoquer les grands poètes - vivants ou non – qui savent produire du sens sur notre monde, partager leurs visions. »

On oublie trop souvent aujourd’hui que la poésie est constituée de sons autant que de sens. « De la musique avant toute chose » affirmait Verlaine, conforme en cela à la tradition antique qui veut que la poésie soit dite, à voix haute ; qu’elle sonne et résonne. Ainsi est-il judicieux de se rappeler l’origine du mot  « lyrisme » : le poète est non seulement celui qui écrit, mais celui qui chante ses vers accompagné de sa lyre. Inspiration en amont, incantation, incarnation en aval.

Pour ne citer que les plus célèbres des spectacles proposés durant ces dix soirées, on pourra  assister, le 11 décembre, à la lecture de quatorze poèmes de Michel Houellebecq, ce qui permettra de découvrir sous un nouveau jour l’auteur controversé des Particules élémentaires. Au cours de la même soirée, la scène accueille la chanteuse Juliette,  « fille naturelle de Boby Lapointe et de Damia » selon la formule consacrée, dans une diversité de genres qui révèle l’éclectisme du festival.

Le samedi 13 décembre verra se succéder pas moins de sept manifestations (lectures, projection de courts métrages par la Caravane Ensorcelée, bal littéraire) avec, notamment, la lecture par Edouard Baer d’un ouvrage plus intime qu’autobiographique de Patrick Modiano, Un Pedigree. L’acteur qui se fit connaître par son humour absurde sur Canal +, élargit depuis plusieurs années sa palette vers des couleurs plus sombres et profondes, et fusionne avec les mots que le romancier a jetés sur le papier « pour en finir avec une vie qui n’était pas la mienne. »

Bref, réservez votre semaine : comment choisir, en effet, entre la lecture de sonnets de Shakespeare par l’égérie des Rolling Stones, Marianne Faithfull, le mardi 16 ; la correspondance qu’entretinrent ces deux personnalités étincelantes que furent Louis Jouvet et Romain Gary, la lecture de La Princesse de Montpensier, roman d’un amour du Grand Siècle par Mme de La Fayette le mardi 19 ; ou encore, dans un registre bouleversant, les textes écrits par le peintre Fernand Léger dans les tranchées de 1914-18, que Jacques Gamblin fait vibrer de toute la force de sa fragilité.


Publié dans l'Union sous nom marital le 6 décembre 2008

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Published by Anne Paulerville - dans Culture - théâtre
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Anne Paulerville

  • : La danse du sens
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Il paraît que le sens peut danser sur les mots


Ceci est un book en ligne. Y sont archivés la plupart des deux cents articles publiés dans la presse depuis octobre 2008, toujours au minimum une semaine après leur publication, afin d'y être consultés si besoin est.
La lecture par catégories facilite l'approche.

Nota bene
Ces textes furent rédigés pour une presse dite populaire : la prise en compte du lectorat limite donc l'usage des références culturelles et des figures stylistiques.



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