Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 01:16

 Samedi 9 mai, à l’occasion de la Journée de l’Europe, le Grand Théâtre ouvre ses portes au public pour une découverte des métiers de la scène et des nouveaux talents rémois.

C’est la troisième année que le Grand Théâtre de Reims, comme les 25 scènes qui font partie de la « Réunion des Opéras de France », participe à la journée « Tous à l’Opéra » : une découverte renouvelée tous les ans des métiers de la scène lyrique. Jusqu’à présent, elle avait lieu en février, mais cette année, l’opéra étant un art éminemment européen, elle coïncide avec la journée de l’Europe : il n’est pas rare en effet qu’une même œuvre lyrique réunisse un compositeur allemand, un librettiste italien qui s’inspire d’une pièce française, sans oublier les solistes et les chœurs ou les orchestres qui les accompagnent, souvent encore issus d’autres nationalités.
Il s’agit de montrer l’opéra sous un visage moins austère, moins intimidant ; de prouver qu’il peut être accessible à tous, quelle que soit la génération, quel que soit le bagage culturel. « Il ne faut pas confondre « Tous à l’opéra » avec la Journée du Patrimoine » précise Caroline Mora.  « Il n’y a pas de visite organisée du bâtiment lui-même, bien que divers lieux habituellement fermés au public lui soient ouverts. Ces journées accueillent, outre les habitués, un très nombreux public attiré par l’aspect insolite de la manifestation. Chaque année est axée sur un thème différent : la première était organisée autour de l’activité chorale (chœurs d’enfants, chœur Nicolas de Grigny). La seconde  permit  de découvrir les métiers techniques qui entourent la scène. Cette année, il s’agit d’un partenariat avec le Conservatoire à Rayonnement Régional qui met en lumière les « graines d’artistes » et les étapes qui mènent de l’apprentissage à la maîtrise des métiers de l’opéra.»
Outre les représentations données par les classes de chant, de cuivres, de danse et l’ensemble vocal d’enfants du Conservatoire, des artistes invités seront également présents : la chanteuse lyrique Addoun Tunc ; Faenza, au théorbe et au chant ; Viva, ensemble vocal. Mais il y aura aussi des ateliers au cours desquels on pourra s’initier à l’art du maquillage de scène, essayer des costumes, le tout avec des séances de photos souvenirs. Sans oublier l’exposition des travaux d’élèves du lycée Gustave Eiffel notamment qui témoignent de leur découverte de l’art lyrique.


Publié dans l'Union sous nom marital le 2 mai 2009

Repost 0
Published by Anne Paulerville - dans Culture - opéra
commenter cet article
1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 12:14

    Rappelons à ceux qui l’ignoreraient encore qu’à Reims, un jour lointain et facétieux, les salles de spectacle ont mystérieusement joué à échanger leur nom. L’Opéra est un cinéma, la Cartonnerie une salle de concert, le Manège une salle de danse contemporaine et de cirque, la Comédie un théâtre ; mais le Grand Théâtre est un opéra. Si, si, on finit par s’y retrouver, question d’habitude.

C’est donc bien logiquement qu’après avoir proposé au public un certain nombre d’opéras depuis la rentrée, le Grand Théâtre continue sur sa lancée. Après Le Voyage à Reims de Rossini, Tosca ou La Flûte Enchantée, nous pourrons donc écouter en mars Manon, l’opéra tiré par Massenet du roman de l’Abbé Prévost, Manon Lescaut, récit pré-romantique et canonique, en plein siècle des Lumières, de l'histoire d’amour exaltée, mainte fois parodiée, du chevalier Des Grieux. Puis Carmen, de Bizet, qu’on ne présente plus, et la Damnation de Faust, qu’inspira à Berlioz le mythe du pacte avec le diable immortalisé par Goethe.
Mais le ballet n’est pas non plus oublié puisque l’année commencera avec des Danses Utopiques, deux spectacles en une soirée : l’un venant de Slovaquie, la Débris Company, l’autre concocté par une compagnie locale, Icosaèdre.
En mai, ce sera Le Bourgeois Gentilhomme, la comédie ballet issue de la collaboration entre Molière et Lulli, dont la caricature du snobisme demeure aussi intemporelle dans son propos qu’elle est ancrée dans le Grand Siècle par sa forme.

Mais ce qui marque la programmation de la saison au Grand Théâtre, c’est l’étroite collaboration avec la Chine. Il n’y a pas qu’à l’occasion des Jeux Olympiques que l’empire extrême oriental est placé sous les feux de l’actualité.
En effet, l’année 2008 se clôt sur le ballet de Tchaïkovski, Casse Noisette, interprété par le Cirque de Pékin, qui sera de nouveau présent en avril prochain pour présenter quatre spectacles, dont une pièce historique, Adieu ma concubine, dont fut aussi tirée un mémorable succès de cinéma il y a quelques années.
La semaine suivante, ce seront Les Trois jours de la queue du dragon, un conte naïf de Jacques Robotier, spectacle familial et fantaisiste posant un drôle de regard occidental sur l’art oriental.
Enfin, ce dont on peut s’étonner, c’est de la présence du jazz dans le cru 2009 de la vénérable maison. Après avoir « colonisé » d’année en année les Flâneries musicales d’été (qui ne le seront d’ailleurs plus, « d’été », l’an prochain, puisqu’elles seront diluées tout au long de l’année au risque, peut-être, de s’y perdre) grignotant peu à peu la place faite à la musique classique, notamment à la musique de chambre qui fut et demeure l’origine et la ligne fondatrice des Flâneries, le jazz s’installe maintenant au Grand Théâtre, avec trois spectacles en février et en avril. Les amateurs de cuivres chaloupés seront heureux.

Publié dans l'Union sous nom marital le 3 janvier 2009
Repost 0
Published by Anne Paulerville - dans Culture - opéra
commenter cet article
31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 22:53

Spectacle de fin d’année idéal, puisque l’intrigue même du ballet se passe à Noël, la représentation du ballet de Tchaïkovski constitue dans les pays anglo-saxons un rituel presque aussi marqué que la rediffusion à la télévision des péplums bibliques ou des épopées romantiques entre fin décembre et début janvier.
Dans l’histoire du conte d’Hoffmann à l’origine du ballet, la jeune Clara reçoit en cadeau de Noël un casse-noisette en forme de petit bonhomme. Dans la nuit animée d’un étrange sortilège, les soldats de plomb commandés par Casse-noisette se livrent à une bataille rangée contre les souris de la maison. Réveillée par le fracas des hostilités qui font rage, Clara sauve ses chers jouets en péril d’un coup de pantoufle bien asséné. Et l’éperdue gratitude qui submerge le vaillant petit Casse-noisette à la vue de ce haut fait d’armes le métamorphose sur le champ en un véritable prince charmant, transformant de fait l’innocente petite fille en princesse débutante. On tremble à l’idée de ce qui serait arrivé si la pantoufle de Clara eût été aussi menue et délicate que celle de Cendrillon. A chaque conte de fée sa pointure.

 Ces trois derniers jours de 2008 au Grand Théâtre, c’est le Cirque National de Chine qui s’est emparé de cet onirique voyage initiatique, symbole fantastique du passage de l’enfance à l’adolescence. Trente-sept acrobates rompus aux techniques les plus époustouflantes avec la virtuosité acquise dès l’âge le plus tendre au cours des longues années d’un entraînement de fer dans les écoles de cirque de Chine, offrent un spectacle associant prouesses  physiques et danse à la musique originale de Tchaïkovski. A la fois mélodique et puissamment orchestrée, la musique du compositeur russe a été influencée par les romantiques allemands, et se marie par un alliage insolite à l’illustration orientale qu’en offre la troupe acrobatique de Dalian, héritière de la tradition du cirque qui fait partie intégrante de la culture chinoise depuis trois millénaires.

 Les airs de ce ballet créé en 1892 figurent au panthéon des tubes classiques les plus célèbres et présentent comme eux cette curieuse caractéristique : bien qu’écoutés et réécoutés, ils restent capables de conserver leur charme inaltérable. Et pour goûter la saveur de ces chefs d’œuvre-là sans succomber à la lassitude, il suffit de procéder avec ses oreilles comme avec son palais, et varier ce qu’on leur fait absorber. Ce n’est pas parce que manger du foie gras tous les jours conduirait à l’écoeurement qu’il faut se priver de ses délices, sans compter l’indicible plaisir de faire découvrir à sa progéniture l’émerveillement d’une histoire sans âge sublimée par la virtuosité d’une interprétation originale.



 Publié dans l'Union sous nom marital le 24 décembre 2008
Repost 0
Published by Anne Paulerville - dans Culture - opéra
commenter cet article
31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 21:57

Ce samedi soir, les poilus ne seront pas tous morts. Sur la scène du Grand Théâtre, ils ressuscitent dans le souvenir de leurs descendants que nous sommes tous grâce à la comédie musicale de Jacques Duparc, Clemenceau ou la tranchée des baïonnettes.

La tranchée des baïonnettes, c’est ce lieu effroyable, à jamais figé dans nos mémoires glacées d’horreur où furent ensevelis vivants, sous le souffle d’un bombardement de 1916, des rangs entiers de soldats, le fusil encore dressé vers l’horizon boueux des lignes ennemies.

Et c’est ce même devoir de mémoire, dont on parle tant aujourd’hui, menacé plus que jamais par l’oubli, qui a conduit le vendéen Jacques Duparc à composer ce spectacle construit autour de Georges Clemenceau, entre élans de l’hémicycle et amertume des tranchées.

“J’ai choisi la comédie musicale dramatique”,
dit Jacques Duparc, “parce que c’est la forme artistique la plus populaire pour la jeunesse, et parce que la musique et le chant réveilleront la mémoire de ce Vendéen pas ordinaire et de ces poilus extraordinaires”.

Il y a chez le compositeur et chanteur lyrique une conviction qui, loin d’asservir l’art à un message qu’il doit transmettre et dans lequel il se dissout comme c’est parfois le cas chez les artistes engagés, crée une Union Sacrée entre le beau, le bon et le vrai. Ce qu’ont, depuis longtemps, compris les religions et les armées, sachant bien qu’il n’est rien de tel qu’un chant et le son d’un fifre ou d’un orgue pour galvaniser les troupes ou pour élever les âmes. 
« Arma virumque cano. » (Je chante les hommes et les armes.) écrit Virgile dans l’Enéide.

Dans une œuvre moderne mais qui alterne, comme les tragédies grecques, chœurs, arias et dialogues, Jacques Duparc fait de même, non pas bien sûr pour exalter les valeurs de la guerre, mais pour rendre perceptible aux générations d’aujourd’hui l’atmosphère particulière de 1914, l’inconcevable inconscience de ceux qui s’en allaient, la fleur au fusil, vers « une guerre courte, fraîche et joyeuse. »
Et pour faire entendre la lente installation de l’horreur, pour redonner la parole à des milliers de sacrifiés, il s’est inspiré de journaux et de lettres de poilus rédigés entre un éclat d’obus et une coulée de boue, entre le harcèlement des rats et une attaque de gaz moutarde.
Sans craindre le reproche qu’on pourrait lui adresser de céder au pathos, il articule cette fresque épique autour de la figure centrale du « Tigre », du « Père la Victoire » qui, pourtant, loin de ces images de fanfaronnades patriotiques, dans la mélancolie de sa vieillesse, songe qu’il n’est pas de victoire quand le prix à payer fut si lourd, et qui avait vite compris que le Traité de Versailles n’était pas la paix, mais un simple armistice qui portait en germe la sanglante revanche de la Seconde Guerre.



Publié dans l'Union sous nom marital le 29 novembre 2008
Repost 0
Published by Anne Paulerville - dans Culture - opéra
commenter cet article

Anne Paulerville

  • : La danse du sens
  • La danse du sens
  • : Ce site est un book en ligne où sont archivés la plupart des deux cents articles publiés dans la presse depuis octobre 2008. La consultation par catégories facilite la lecture.
  • Contact

Il paraît que le sens peut danser sur les mots


Ceci est un book en ligne. Y sont archivés la plupart des deux cents articles publiés dans la presse depuis octobre 2008, toujours au minimum une semaine après leur publication, afin d'y être consultés si besoin est.
La lecture par catégories facilite l'approche.

Nota bene
Ces textes furent rédigés pour une presse dite populaire : la prise en compte du lectorat limite donc l'usage des références culturelles et des figures stylistiques.



Recherche

Archives