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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 02:36

 Jusque fin août, la chapelle de l’ancien Collège des Jésuites se pare de plumes, miroirs et blancheur (légèreté, transparence et pureté) pour accueillir l’installation d’Ismael Kachtihi del Moral, intitulée «Mon Bazar II », ou « El Desvan » (le grenier, en espagnol).

C’est dans la suite des Autoportraits-autofictions que s’inscrit le projet du plasticien :
«  Je cherchais à renouveler l’art de l’autoportrait, déjà très exploré en peinture, selon d’autres techniques. Il y a quelques années, lorsque j’ai demandé à ma mère : « Si je venais à disparaître, que dirais-tu de moi ? », sa réponse était si différente de ce que j’attendais qu’elle me poussa à poser la même question à mes amis.  Tu as économisé dix ans de psychanalyse,  me disait-on. »
Le résultat de ces impressions croisées aboutit à un kaléidoscope de points de vue, multipliant les angles à défaut de cerner la profondeur de l’être véritable.
L’installation qui résulte de cette quête dans la chapelle suscite curieusement un recueillement analogue à celui qu’on attend d’un tel lieu. Imposante métaphore de chambre d’enfant, elle occupe tout l’espace : au sol, de grands miroirs carrés ouvrent un espace presque vertigineux, le dédale de la mémoire. « Ils figurent le carrelage de mon enfance, surdimensionné comme dans mes souvenirs ; les miroirs qui reflètent le visage renvoient à l’idée d’autoportrait. »
L’ensemble est baigné de lumière : « Celle qui rassure comme les veilleuses de l’enfance, chaude en haut, plus froide en bas. » D’étranges entrelacs de fils s’enroulent sur les structures métalliques : « les méandres du souvenir ». Sur le sol de miroirs sont posés divers objets emblématiques de l’enfance : un petit cheval à bascule en bois blanc à taille réelle, un autre surdimensionné, comme vu par l’enfant. Une paire de chaussons, conservés depuis un demi-siècle et entourés de plumes : chaussures ailées, comme Hermès, le dieu du voyage, du commerce et du mensonge, inhérent lui aussi à l’enfance. 
Comme si on avait éventré un édredon, des plumes blanches se sont posées, protectrices, aux endroits les plus incongrus : « omniprésent, récurrent, le blanc, couleur de la pureté, de la page blanche, de tous les possibles. » Et le tout est enveloppé d’une bande son de douze minutes, égrenant comptines en diverses langues, extraits littéraires, souvenirs,…


Publié dans l'Union sous nom marital en juillet 2009

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Published by Anne Paulerville - dans Culture - beaux arts
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Anne Paulerville

  • : La danse du sens
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Il paraît que le sens peut danser sur les mots


Ceci est un book en ligne. Y sont archivés la plupart des deux cents articles publiés dans la presse depuis octobre 2008, toujours au minimum une semaine après leur publication, afin d'y être consultés si besoin est.
La lecture par catégories facilite l'approche.

Nota bene
Ces textes furent rédigés pour une presse dite populaire : la prise en compte du lectorat limite donc l'usage des références culturelles et des figures stylistiques.



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