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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 14:05

 La demeure des Comtes de Champagne teste d’originaux millésimes : sculptures, peintures, installations, danse contemporaine, photographies. Les visiteurs sont invités à goûter des sensations artistiques variées.

 

Pour la deuxième édition de son salon « Millésim’art », l’association Specimen a en effet regroupé 28 artistes contemporains, pour la plupart champ-ardennais, mais aussi parisiens ou d’ailleurs.

Ce sont toujours des lieux chargés d’histoire qui sont choisis pour accueillir les artistes contemporains, afin de réveiller le patrimoine.

« Il n’y a pas de thématique commune. Chacun a eu la liberté de recréer dans l’espace qui lui est dévolu l’atmosphère de son univers particulier » explique l’organisatrice de l’exposition, Isabelle Datchy. « Les artistes, présents sur les lieux de l’exposition, se prêtent au dialogue, plus convivial que dans les grands salons. »

On pourra ainsi admirer, mais aussi acquérir parmi les sculptures : des soudures en fer forgé, des figures en bronze aux formes doucement polies, et des statues en terre cuite auxquelles un ancestral et impressionnant procédé est appliqué : le raku . Il s’agit de projeter des copeaux de bois sur la sculpture dès sa sortie du four. Au contact de la terre brûlante, le bois s’embrase et, dans un ballet de fumée, fissure la terre et lui imprime des arabesques charbonneuses. Une sorte d’éruption volcanique rejouée à l’échelle d’un atelier. Symbole de l’acte créateur qui fait de tout artiste une sorte de Vulcain dans sa forge aux prises avec les mystères des origines.

Le visiteur découvrira aussi l’univers étrange et onirique de Frédérique Prokop, dont les installations pleines de poésie furent plébiscitées par le public lors de l’exposition qui eut lieu en juin à l’église de Beaunay.

Parmi les peintures enfin, on trouvera aussi bien des aquarelles, des peintres paysagistes qui rappellent les pré-impressionnistes de l’école de Barbizon ou des natures mortes figuratives comme celles de Denis Gilles  qui s'inscrivent à mi-chemin entre un maître du XVIIIe comme Chardin, admiré de Diderot, et l’hyperréalisme américain des sixties.

Notons enfin le charme particulier des tableaux de Lilas Blano. Formée à l’Ecole des Beaux-Arts de Reims, elle a participé à Londres à l’élaboration de films d’animation comme Les 4 dinosaures et le cirque magique de Steven Spielberg.

« J’ai quitté le monde du cinéma d’animation quand il fut envahi par les images de synthèse » explique l’artiste avec un léger accent slave. « Ce qui m’intéresse, c’est le dessin, le tracé du pinceau. Je suis fascinée par les artistes du XIXème siècle français : Toulouse-Lautrec, Daumier,… » Effectivement, en regardant ses toiles, on est frappé par la présence de ces grands maîtres, auxquels Lilas Blano ajoute par une palette plus douce une touche de langueur et de poésie rêveuse qui lui donne tout son charme.

 


Publié dans l’Union sous nom marital le 25 octobre 2008

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Anne Paulerville

  • : La danse du sens
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Il paraît que le sens peut danser sur les mots


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Nota bene
Ces textes furent rédigés pour une presse dite populaire : la prise en compte du lectorat limite donc l'usage des références culturelles et des figures stylistiques.



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