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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 09:27


Pour le deuxième « Grand Soir » de la saison, le Manège a invité « Les Hommes penchés » de Christophe Huysman à osciller sur un mât vertigineux : entre cirque et poésie, le « Mâtitube » est un agrès inédit pour acrobates bavards.

  A la fois auteur, metteur en scène, acteur, chanteur et artiste de cirque (« circassien » pour les initiés), Christophe Huysman fait partie de cette génération d’artistes qui ne se laisse pas cantonner à une seule et unique discipline, mais utilise une pluralité d’expressions pour donner plus de chances aux messages qu’il veut faire passer d’atteindre le public.

Et cette pluridisciplinarité le poussant à porter un regard neuf sur chaque corde de son arc, il ne se contente pas d’utiliser les techniques existantes mais en invente d’autres.

Ainsi a-t-il créé avec William Vallet un agrès inédit, le Mâtitube : le traditionnel mât chinois de cirque, rassurant, fixé en ses deux extrémités, est libéré de ses points d’attache et flotte dans les airs, arrimé à un unique point central, oscillant autour de cet axe comme l’aiguille d’une boussole affolée sous les impulsions que lui impriment les « hommes penchés », acrobates et acteurs à la fois. Ancré au centre, le mât pivote à 360 degrés.

Cet agrès qu’il a créé avec William Valet ne résulte pas d’une recherche gratuite d’originalité. Il symbolise la désorientation dans laquelle l’homme contemporain se perd, faute de repères, de structures, de valeurs, de sens. Au tournant du millénaire, l’économie n’est pas seule en crise : l’humanité aussi, déboussolée, en est réduite à proférer des fragments de paroles déconstruites, comme ceux qu’articulent les trois acrobates du spectacle.

C’est dans les termes mêmes du concepteur du spectacle que l’on saisit le mieux sa vision, rassemblée en une formule lapidaire : « Il n’y a aucune raison qu’une pièce reste droite quand les hommes ne tiennent plus leur verticalité. » Il en résulte « un texte plein de bruit, de fureur et d’humour » dit par ces trois « hommes penchés » symptomatiques des errances de l’humaine et moderne condition : « Un trio émotif, emporté dans une enfer métronomique. 3 saltimbanques, 3 hommes très doux sont en colère. Leur maison s’écroule, ils volent, marchent sur l’air, l’air du temps, ses mots, sa grammaire, sa vulgarité, ses paroxysmes. »

La compagnie des « Hommes Penchés » se définit comme un « Laboratoire mobile » qui rassemble une trentaine de techniciens et artistes dont le dénominateur commun est une perception du monde commune, une même approche nomade du métier qui interdit le confort d’une routine. 
 

Publié dans l'Union sous nom marital le 4 février 2009

 

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Published by Anne Paulerville - dans Culture - scènes (autres)
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Anne Paulerville

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Il paraît que le sens peut danser sur les mots


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Ces textes furent rédigés pour une presse dite populaire : la prise en compte du lectorat limite donc l'usage des références culturelles et des figures stylistiques.



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