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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 01:28

Avant-hier, jeudi 7 mai, eut lieu au collège Pierre Brossolette le vernissage de l’exposition « Bled El Khouf » présentant les œuvres confectionnées par deux classes de troisième. Le professeur et l'artiste, catalyseurs d’autoportraits travaillent sur la main, objet de regard et outil de construction.

Depuis le début de l’année, sous l’égide de leur professeur d’arts plastiques, Emilie Pernot, les élèves de 3ème 1 et 3ème 4 du collège travaillent avec l’artiste Ismaël Kachtihi del Moral. Le projet est né au printemps dernier. « Depuis cinq ou six ans, j’explore l’idée d’autoportrait, précise le plasticien. Non pas en peinture, où le genre archi-rebattu est difficilement renouvelable, mais sur divers supports, notamment vidéo. L’idée m’en est venue lorsque j’ai posé à ma mère, restée à Tanger où je suis né, la question suivante : « Si je venais à disparaître, que dirais-tu de moi ? » Et sa réponse était si loin de ce que j’étais, montrait si clairement qu’elle ne me connaissait pas, qu’il apparut nécessaire de poser la même question rituelle à mes amis, la vraie famille contemporaine. J’ai filmé ces réponses, dont l’addition donne un portrait croisé. » 
En somme, transposer de la peinture à la parole le principe du cubisme : juxtaposer les images observées depuis plusieurs points de vue, multiplier les angles et les fragments à défaut de les dépasser, de les transcender pour atteindre une hypothétique essence. Ou plus prosaïquement, appliquer à l’art du portrait la méthode du micro-trottoir : accumuler les opinions en espérant qu’en naisse une bribe de vérité.
Or le thème de l’autoportrait est un formidable catalyseur d’énergies à l’adolescence, cet âge crucial où se tisse la personnalité, où les identités se dépêtrent tant bien que mal avec les fibres emmêlées de leur être en devenir, où se noue et se dénoue le fil des émotions qui les submergent et leur laissent souvent sur les bras l’inextricable écheveau de leurs nerfs en pelote. 
« Afin d’aboutir à quatre courts métrages qu’ils ont eux-mêmes scénarisés et montés, les élèves ont modelé des mains à partir d’accessoires emblématiques, fabriqué des décors, se sont photographiés, jusqu’à concevoir un story-board des petits films qu’ils ont réalisés », explique Emilie Pernot. 
Chacun s’est donc emparé de son autoportrait, tantôt se représentant sous l’aspect stylisé d’un totem animal, tantôt sous les traits d’un personnage historique comme cette « Marie-Auxtoilettes » fort réussie. 
Ou comment l’esprit vient aux jeunes. 



Publié dans l'Union sous nom marital le 9 mai 2009

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Published by Anne Paulerville - dans Culture - beaux arts
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Anne Paulerville

  • : La danse du sens
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Il paraît que le sens peut danser sur les mots


Ceci est un book en ligne. Y sont archivés la plupart des deux cents articles publiés dans la presse depuis octobre 2008, toujours au minimum une semaine après leur publication, afin d'y être consultés si besoin est.
La lecture par catégories facilite l'approche.

Nota bene
Ces textes furent rédigés pour une presse dite populaire : la prise en compte du lectorat limite donc l'usage des références culturelles et des figures stylistiques.



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