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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 21:05
 La recherche dévorée par l’ogre des OGM : ces apprentis sorciers qui remplissent nos assiettes.

Depuis le 5 novembre et jusqu’au 29, le Mois du film documentaire répond à la question « Comment vivrons-nous demain ? ». De nombreux films sont projetés gratuitement, sur des questions aussi diverses que le réchauffement climatique, le développement durable, l’invasion de la vie privée par les données électroniques, les manipulations génétiques, etc…

Force est de reconnaître en effet que la charnière entre le 2ème et le 3ème millénaire constitue une révolution technologique sans précédent, au regard de laquelle la Révolution Industrielle du 19ème siècle n’est qu’un atelier pâte à modeler de maternelle.
Les chercheurs n’en finissent pas de découvrir de nouveaux domaines insoupçonnés quelques années encore auparavant, et la croissance est si exponentielle qu’à chaque étape se produit un changement d’échelle vertigineux. Il suffit pour s’en convaincre d’observer l’évolution des matériels informatiques, où téléphones ou ordinateurs deviennent obsolètes en quelques mois. Et cette tendance s’applique à tous les domaines, y compris dans ce qui touche de près à notre santé : ce que nous mangeons.

Ainsi Marie-Monique Robin a-t-elle mené une enquête minutieuse sur le géant américain de l’industrie des OGM, Monsanto. En situation de monopole, il fournit au monde entier, pays en
voie de développement y compris, des espèces végétales qui ont la diabolique particularité de ne pas fournir de nouvelles graines l’année suivante. Ainsi l’agriculteur doit-il chaque année racheter de nouvelles semences. Si par malheur, certaines graines de la récolte précédente germent quand même et sont replantées, le fautif se voit sévèrement sanctionné par la milice privée de Monsanto, véritable état quasi totalitaire dans l’Etat. En brevetant le vivant, Monsanto s’approprie la nature, tout simplement.

Il ne s’agit pas d’interdire la recherche sur les OGM, porteuse de grands espoirs en médecine notamment. Il s’agit d’empêcher les seuls intérêts économiques de quelques très puissants de s’en emparer, quitte à affamer un peu plus le Tiers monde, comme le montrent ces espèces au rendement bien plus faible que promis, ou plus vulnérables aux maladies et aux parasites que ne l’affirment les industriels. Sans parler de l’instabilité de ces nouvelles espèces qui parfois donnent des épis de maïs difformes, hérissées de feuilles monstrueuses, effrayants comme Frankenstein ou ces fœtus malformés nés après Tchernobyl.

Partout, les progrès techniques ont atteint une vitesse si vertigineuse que l’humanité marche, boiteuse, au bord du précipice : une jambe hypertrophiée, celle de la puissance technique, et une autre sous-développée, celle de la réflexion éthique qui devrait en accompagner les applications et qui s’abandonne au contraire, avec la naïveté du Petit Chaperon Rouge, aux appétits carnassiers des intérêts économiques à court terme mais à long coût.


Publié dans l'Union sous nom marital le 15 novembre 2008

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Published by Anne Paulerville - dans Culture - société
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Anne Paulerville

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Il paraît que le sens peut danser sur les mots


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Nota bene
Ces textes furent rédigés pour une presse dite populaire : la prise en compte du lectorat limite donc l'usage des références culturelles et des figures stylistiques.



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