Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 12:20

Depuis fin novembre déjà, et après une pause pendant les vacances de Noël, le Musée Le Vergeur expose, jusqu’au 18 janvier, 33 aquarelles d’Eugène Auger qui permettent de redécouvrir la ville de Reims avant 1914 : ses rues médiévales, ses quartiers XVIIe et XVIIIe siècles, les cours cachées de ses hôtels particuliers, ses portes monumentales et ouvragées …
Encore une dizaine de jours pour s'extasier devant les splendeurs dévastées par les bombes de 1914, puisque la ville fut détruite à 80%.

Sur la place du Forum, le Musée Le Vergeur possède la discrète distinction des véritables gentilshommes. D’un âge vénérable, cette belle bâtisse du XIIIème siècle attire le regard et éveille la curiosité. Pas d’enseigne aguicheuse, à peine signalée par quelques inscriptions fondues dans ses vieilles pierres : il faut la mériter pour la découvrir.
Une fois l’entrée franchie, il y a cependant beaucoup à voir : l’architecture seule, avec ses boiseries Renaissance et ses murs massifs, fait ressentir toute l’épaisseur des siècles traversés. « Pourtant, précise Alain Cottez, Directeur du musée et Président de la Société des Amis du Vieux Reims, le plafond en poutres ouvragées n’est pas d’origine. Détruit par les bombardements entre 1914 et 1918, il a été remplacé par celui d’une autre maison rémoise de la même époque, qui a, lui, survécu à la destruction des murs. » L’assemblage est insoupçonnable. Le jardin du musée tire son charme désuet du même principe. « Hugues Krafft, en collectionneur passionné, a patiemment rassemblé plusieurs portes monumentales sauvées des décombres de maisons détruites de la ville, pour leur donner ici une nouvelle vie
 « Le musée Le Vergeur appartient en effet à la Société des Amis du Vieux Reims, association fondée par Hugues Krafft en 1909, reconnue d'Utilité publique en 1913, poursuit Alain Cottez. Celle-ci, qui a pour vocation de préserver le patrimoine architectural de la ville, avait commandé au peintre Eugène Auger, avant la Première Guerre Mondiale, une vaste série d’aquarelles destinées à immortaliser les splendeurs architecturales de la Cité des Sacres. » Heureux pressentiment, puisque quelques années plus tard, la Première Guerre Mondiale allait ravager des trésors artistiques définitivement disparus. «  En outre, les centaines d’aquarelles du peintre qu’il conservait dans sa propriété personnelle furent détruites lors de l’occupation de sa demeure par les troupes allemandes. Celles qui sont exposées au Musée actuellement constituent donc l’une des seules traces, exceptées quelques photographies, de l’état de la ville avant sa reconstruction dans les années 1920. »
Ainsi peut-on admirer les cours d’hôtels particuliers, les façades Renaissance de maisons disparues, l’état des places et des rues que nous traversons tous les jours et qui nous sont pourtant méconnaissables. Une fois n’est pas coutume : d’ordinaire, la nostalgie arbore les couleurs contrastées des photographies en noir et blanc. Ici, c’est un voyage dans le temps porté par les teintes pastelles et fondues des aquarelles qui est offert au visiteur.


Publié dans l'Union sous nom marital le 7 janvier 2009

Partager cet article

Repost 0
Published by Anne Paulerville - dans Culture - patrimoine
commenter cet article

commentaires

Anne Paulerville

  • : La danse du sens
  • La danse du sens
  • : Ce site est un book en ligne où sont archivés la plupart des deux cents articles publiés dans la presse depuis octobre 2008. La consultation par catégories facilite la lecture.
  • Contact

Il paraît que le sens peut danser sur les mots


Ceci est un book en ligne. Y sont archivés la plupart des deux cents articles publiés dans la presse depuis octobre 2008, toujours au minimum une semaine après leur publication, afin d'y être consultés si besoin est.
La lecture par catégories facilite l'approche.

Nota bene
Ces textes furent rédigés pour une presse dite populaire : la prise en compte du lectorat limite donc l'usage des références culturelles et des figures stylistiques.



Recherche

Archives