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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 20:39

Le titre, déjà, est un programme : « La Maison des petites musiques cachées. » Il pourrait résumer à lui seul l’esprit du festival « Reims scènes d’Europe ».
Un continent pour maison. Ou plutôt une auberge espagnole.
Et des musiques en guise de langage. Des langages qui montrent fièrement leurs différences et cachent bien leurs ressemblances. Riches de la diversité chatoyante qu’ils exhibent, mais qui ne demandent pas mieux que de dévoiler leurs cousinages pour peu qu’on les y invite.

C’est ce que n’a pas hésité à faire, il y a huit ans, le flamand Dick van der Harst pour l’ouverture du festival « Bruxelles 2000 ». Il y a en effet créé un spectacle réunissant des musiciens bruxellois de tous horizons : la chanteuse de flamenco Amparo Cortes, l’ensemble celtique Orion, un chœur féminin galicien Ialma, l’octuor classique Oxalys, la danseuse Sofia Yero, etc… Les fils conducteurs du spectacle étaient constitués par deux œuvres de  Mozart : l’opéra L’Enlèvement au sérail, et un Lied (un chant pour soliste, et piano le plus souvent, qui articule de nombreuses variations autour d’un thème simple)
Le succès de ce spectacle virevoltant fut tel qu’il devint indispensable de créer en 2004 une suite, La Maison des petites musiques cachées II, que le Manège accueille ce jeudi 6 novembre.
« L’avantage de cette deuxième tournée, c’est que les musiciens étant les mêmes que dans l’édition précédente, ils se connaissent parfaitement bien, ce qui ouvre de nouvelles perspectives d’ensemble : ils jouent tellement en osmose que je peux maintenant écrire une partition beaucoup plus complexe sans que le public ne s’en aperçoive », explique Dick van der Harst. Quelques nouveaux venus se sont pourtant ajoutés à l’équipe d’origine : Jean-Philippe Poncin à la clarinette basse et Kim Delcour à la cornemuse et à la flûte à bec.

C’est l’idée de fluidité étourdissante qui semble le mieux décrire ce qu’on peut y ressentir.
Car La Maison des petites musiques cachées est une œuvre polyphonique. Pas cependant, au sens strict qu’y entendent les spécialistes de musique sacrée ou ancienne : c’est l’architecture du spectacle qui est  polyphonique.

Cette fois, en effet, ce n’est plus une œuvre en particulier qui servira de fil conducteur entre les différents morceaux, comme c’était le cas pour Mozart dans la première édition, mais c’est la totalité des musiques qui se réunissent comme de petits ruisseaux à un confluent. Le spectateur n’a plus qu’à se laisser emporter dans le courant du vaste fleuve qui charrie dans ses flots des rythmes dans lesquels il serait bien difficile de nager à contre courant et de fredonner à contretemps.

Publié dans l'Union sous nom marital le 5 novembre 2008

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Published by Anne Paulerville - dans Culture - musique
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Anne Paulerville

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Il paraît que le sens peut danser sur les mots


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Ces textes furent rédigés pour une presse dite populaire : la prise en compte du lectorat limite donc l'usage des références culturelles et des figures stylistiques.



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