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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 11:55


Les 15, 16 et 17 octobre prochains, la compagnie Art-Terre présente la création de son nouveau spectacle intitulé sobrement Dis ! à la salle Jean Pierre Miquel à Reims.

 

Sur scène, deux silhouettes rouges apparaissent.

Une violoncelliste, Sophie Delcourt, et une danseuse, Julie Barbier.

Toutes deux enseignent au Conservatoire National de Région de Reims.

  Le duo travaille en osmose. C’est un même matériau qui est traduit en deux langues : celle du violoncelle, celle de la danseuse.

  La musique interprétée par la violoncelliste a été créée exclusivement pour le spectacle.

La chorégraphe, Catherine Pendelliau, explique la démarche :

« A partir de mes indications, Sophie Delcourt proposait des phrases musicales. Cela tenait d’abord de l’improvisation, mais ce premier jet était ensuite retravaillé, réécrit. »

 

Certains passages sont proches de la basse continue caractéristique de la musique baroque, qu’on retrouve chez Vivaldi par exemple. D’autres s’apparentent davantage à des bruitages : douces percussions utilisant la caisse de résonance de l’instrument à cordes comme une batterie feutrée, grincements de cordes, mais sans que jamais l’oreille ne se sente agressée par trop de discordances.

Paradoxalement, dans ce spectacle de danse où rares sont les paroles, c’est bien la question du langage qui est au centre. Mais celui du corps, de l’être tout entier.

 

Les mouvements de la danseuse expriment le double langage que tiennent le corps et les mots, parfois contradictoires. Entre deux ondulations, Julie Barbier laisse échapper quelques phrases énigmatiques : « Oui, non…. C’est mou, c’est élastique, c’est fragile, c’est vivant, c’est cassant, c’est râpeux. »

On ne sait si elle parle des mots ou des corps.

 

Catherine Pendelliau développe :

« Il n’y a pas de narration dans ce spectacle. Il est impossible, à l’issue de la représentation, de dire « ce qui s’est passé ». Si l’on peut évoquer une référence, ce serait celle du lapin blanc d’Alice au Pays des Merveilles, qui court en tous sens, obsédé par le temps. Il s’agissait de donner corps à la question suivante : « Qu’est-ce qui motive la prise de parole, la mise en danger que constitue toute expression de soi ? »

 

On assiste à une course effrénée, pressée par le temps, entre deux contradictions, deux indécisions, à peine interrompues par quelques instants de grâce, quelques moments de plénitude.

Une image de la précipitation où nous jette la vie moderne. La vie, tout court, peut-être.

  Le spectacle est organisé avec le partenariat de l’ORCCA (Office Régional Culturel de Champagne-Ardenne) et la Ville de Reims.

 

 

Publié dans l'Union sous nom marital le 15 octobre 2008

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Published by Anne Paulerville - dans Culture - scènes (autres)
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Anne Paulerville

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Il paraît que le sens peut danser sur les mots


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Ces textes furent rédigés pour une presse dite populaire : la prise en compte du lectorat limite donc l'usage des références culturelles et des figures stylistiques.



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