Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
27 février 2010 6 27 /02 /février /2010 23:45

Ce vendredi 3 avril, comme tous les mois ou presque depuis huit ans, le Centre Culturel de Tinqueux organise une soirée « Dithyrambes ».
Dans la Grèce antique, un dithyrambe était un poème dédié à Dionysos, le dieu du vin. Puis l’ivresse de son propos s’est peu à peu affranchie de la vigne qui en était à l’origine, et désigne un éloge vibrant, ou plus largement l’expression d’un enthousiasme sans borne. Mais la Maison de la Poésie de Tinqueux restitue son origine dionysiaque au terme, puisque la soirée accueille, outre deux illustres poètes, un « vigneron surprise » qui permettra à l’auditoire de déguster en même temps vers en rimes et verres de vigne. Il s’agit de faire mentir Musset qui affirmait avec désinvolture : « Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse » en soignant le goût de la langue, tant à travers les papilles que les oreilles. (Un minimum de modération sera requis pour ne pas se tromper de réceptacle.) 
   Michel Fréard, directeur du Centre Culturel et de la revue poétique trimestrielle « Dans la Lune » qui y est basée, précise les enjeux de l’entreprise : la revue, destinée aux « 5 à 117 ans » est liée au « Centre de Créations pour l’Enfance ». Il s’agit de sortir la poésie de la diffusion trop confidentielle qui lui est réservée dans la littérature contemporaine et de lui restituer la place qui lui est due dans le monde de l’enfance ; de « décaraméliser » la poésie telle qu’on la fait trop souvent découvrir à l’école, de la débarrasser de la niaiserie douceâtre et insipide dont les poèmes de Maurice Carême sont trop souvent l’emblème : comment s’étonner ensuite que ceux qui ont cru que poème rime avec carême aient envie de s’en faire une fête et retournent plus tard y goûter ?
  L’émotion poétique est pourtant tout autre chose qu’une gentillette récitation : il faut que le verbe exulte pour que l’étincelle jaillisse entre public et poète.
Ce vendredi, deux invités seront chargés de faire surgir les lumières de la création poétique : Bernard Bretonnière, né et établi à Nantes mais collaborateur et lexicographe attitré de la revue aquatintienne, manipule les mots entre inventaire et invention, et navigue avec aisance dans le théâtre contemporain. 
Et Pierre Tilman, Sétois comme Paul Valéry et Brassens, est l’auteur d’une trentaine de recueils, dont « Rendez-vous, vous avez les yeux cernés » dit à lui seul combien il aime savourer les richesses insoupçonnées des mots. Mais il ne se contente pas de les écrire : il les façonne aussi au sens propre, et accomplit un travail de plasticien inséparable de son œuvre de poète : clouant, collant, sciant, dans un rapport à la matière dont le prive trop souvent l’outil désormais incontournable pour un écrivain qu’est devenu le clavier d’ordinateur.


 Publié dans l'Union sous nom marital le 1er avril 2009

Partager cet article

Repost 0
Published by Anne Paulerville - dans Culture - livres
commenter cet article

commentaires

Anne Paulerville

  • : La danse du sens
  • La danse du sens
  • : Ce site est un book en ligne où sont archivés la plupart des deux cents articles publiés dans la presse depuis octobre 2008. La consultation par catégories facilite la lecture.
  • Contact

Il paraît que le sens peut danser sur les mots


Ceci est un book en ligne. Y sont archivés la plupart des deux cents articles publiés dans la presse depuis octobre 2008, toujours au minimum une semaine après leur publication, afin d'y être consultés si besoin est.
La lecture par catégories facilite l'approche.

Nota bene
Ces textes furent rédigés pour une presse dite populaire : la prise en compte du lectorat limite donc l'usage des références culturelles et des figures stylistiques.



Recherche

Archives