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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 22:17

A Reims, en décembre, c’est carnaval. Non pas que tout le monde descende dans la rue déguisé en Arlequin. Non, non, rien d’autre sur les pavés que les habituelles décorations de Noël et les travaux du tramway. Seulement, ce sont les salles de spectacle de la ville qui échangent leurs rôles : la Comédie se prend pour un salon littéraire où l’on cause, et livre sa scène de théâtre, pieds et planches liées, à une bande de poètes et d’écrivains sans scrupules (voir article ci-dessus). Et la Cartonnerie se transforme en cinéma. Quand on sait que le Cinéma Gaumont , de son côté, se prend pour un opéra depuis la rentrée en retransmettant en direct les spectacles du Metropolitan Opera de New York, il est permis de se demander où la valse des salles va s’arrêter. Mais comme c’est pour notre plus grand plaisir, on n’a guère envie de leur demander d’arrêter ce petit manège.

Bref, la semaine prochaine, la Cartonnerie allie musique et cinéma au cours de deux soirées au caractère bien trempé.

Mardi 9 décembre, d’abord, c’est une vigoureuse cure de jouvence que l’on fait subir au bon vieux principe du cinéma muet projeté avec un musicien caché dans la fosse. En effet, ce ne sera pas un piano qui accompagnera la projection d’Aelita, mais le groupe Sporto Rank dont la musique s’inspire d’influences soul, hip-hop et new wave. Aelita, c’est un film de science fiction soviétique et muet tourné en 1924. Un ancêtre. Et il est toujours fascinant de remarquer que la puissance de suggestion d’une œuvre d’art ne se mesure pas à la sophistication de sa technique et de ses effets spéciaux. Que l’on soit écrivain ou cinéaste, on peut faire naître la terreur de la simple évocation d’un brouillard nocturne, sans pour cela tout faire sauter à la dynamite. Là, le spectateur s’évade avec un ingénieur sur Mars pour échapper à un funeste destin et rencontrer une civilisation bien séduisante, autant que sa reine, semble-t-il. On connaissait Mars et Vénus. Voici l’amour entre Mars et un Russe.

Et mercredi 10 décembre, ce sera le cinéaste anglais Peter Greenaway qui rendra hommage, dans un film-portrait, au compositeur Philip Glass. Et l’on peut attendre le meilleur de l’admiration d’un esthète pour un autre. Greenaway, c’est en effet le réalisateur auquel on doit ce chef d’œuvre de cynisme élégant et de beauté glacée qu’est Meurtre dans un jardin anglais. Et Philip Glass, c’est ce compositeur, particulièrement connu pour ses musiques de films (The Truman Show, The Hours, nominés aux Oscars et Golden Globes, pour ne citer qu’eux) qui a porté à sa perfection l’art de la musique minimaliste, qui enveloppe l’oreille dans une suite de phrases répétitives mais infiniment mélodieuses.


Publié dans l'Union sous nom marital le 6 décembre 2008

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Published by Anne Paulerville - dans Culture - cinéma
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Anne Paulerville

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Il paraît que le sens peut danser sur les mots


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Ces textes furent rédigés pour une presse dite populaire : la prise en compte du lectorat limite donc l'usage des références culturelles et des figures stylistiques.



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