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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 12:14

    Rappelons à ceux qui l’ignoreraient encore qu’à Reims, un jour lointain et facétieux, les salles de spectacle ont mystérieusement joué à échanger leur nom. L’Opéra est un cinéma, la Cartonnerie une salle de concert, le Manège une salle de danse contemporaine et de cirque, la Comédie un théâtre ; mais le Grand Théâtre est un opéra. Si, si, on finit par s’y retrouver, question d’habitude.

C’est donc bien logiquement qu’après avoir proposé au public un certain nombre d’opéras depuis la rentrée, le Grand Théâtre continue sur sa lancée. Après Le Voyage à Reims de Rossini, Tosca ou La Flûte Enchantée, nous pourrons donc écouter en mars Manon, l’opéra tiré par Massenet du roman de l’Abbé Prévost, Manon Lescaut, récit pré-romantique et canonique, en plein siècle des Lumières, de l'histoire d’amour exaltée, mainte fois parodiée, du chevalier Des Grieux. Puis Carmen, de Bizet, qu’on ne présente plus, et la Damnation de Faust, qu’inspira à Berlioz le mythe du pacte avec le diable immortalisé par Goethe.
Mais le ballet n’est pas non plus oublié puisque l’année commencera avec des Danses Utopiques, deux spectacles en une soirée : l’un venant de Slovaquie, la Débris Company, l’autre concocté par une compagnie locale, Icosaèdre.
En mai, ce sera Le Bourgeois Gentilhomme, la comédie ballet issue de la collaboration entre Molière et Lulli, dont la caricature du snobisme demeure aussi intemporelle dans son propos qu’elle est ancrée dans le Grand Siècle par sa forme.

Mais ce qui marque la programmation de la saison au Grand Théâtre, c’est l’étroite collaboration avec la Chine. Il n’y a pas qu’à l’occasion des Jeux Olympiques que l’empire extrême oriental est placé sous les feux de l’actualité.
En effet, l’année 2008 se clôt sur le ballet de Tchaïkovski, Casse Noisette, interprété par le Cirque de Pékin, qui sera de nouveau présent en avril prochain pour présenter quatre spectacles, dont une pièce historique, Adieu ma concubine, dont fut aussi tirée un mémorable succès de cinéma il y a quelques années.
La semaine suivante, ce seront Les Trois jours de la queue du dragon, un conte naïf de Jacques Robotier, spectacle familial et fantaisiste posant un drôle de regard occidental sur l’art oriental.
Enfin, ce dont on peut s’étonner, c’est de la présence du jazz dans le cru 2009 de la vénérable maison. Après avoir « colonisé » d’année en année les Flâneries musicales d’été (qui ne le seront d’ailleurs plus, « d’été », l’an prochain, puisqu’elles seront diluées tout au long de l’année au risque, peut-être, de s’y perdre) grignotant peu à peu la place faite à la musique classique, notamment à la musique de chambre qui fut et demeure l’origine et la ligne fondatrice des Flâneries, le jazz s’installe maintenant au Grand Théâtre, avec trois spectacles en février et en avril. Les amateurs de cuivres chaloupés seront heureux.

Publié dans l'Union sous nom marital le 3 janvier 2009

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Published by Anne Paulerville - dans Culture - opéra
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Anne Paulerville

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Il paraît que le sens peut danser sur les mots


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Ces textes furent rédigés pour une presse dite populaire : la prise en compte du lectorat limite donc l'usage des références culturelles et des figures stylistiques.



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