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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 21:30
"Quand l’art allemand s’invite au musée..."                         
Le Musée des Beaux Arts aussi participe à « Reims scènes d’Europe », puisqu’il accueille jusqu’au 9 mars 2009 des œuvres d’artistes allemands de la seconde moitié du 20ème siècle. Et le titre de « scènes » n’est pas usurpé, même si l’on se trouve dans un musée. En effet, les tableaux prêtés par le Ludwig Forum, musée d’art moderne d’Aix la Chapelle, ne sont pas isolés dans un coin. Ils sont au contraire mis en scène au milieu des collections permanentes des Beaux Arts, invités à dialoguer avec les œuvres des siècles passés, et l’on ne peut dénier à ce choix original une certaine dimension théâtrale.
« Un musée, c’est toujours un compromis entre un espace et des oeuvres, et ici c’est la première fois qu’on « interroge » toutes les collections du musée » confiait David Liot, le conservateur du Musée des Beaux Arts. « Nous avons cherché à évoquer ce dialogue entre le passé, le présent, les siècles précédents et le XXe siècle ». Et effectivement, « On voit une espèce de révolution, un lien entre les oeuvres modernes et leurs origines classiques » déclarait Annette Lagler, conservatrice du Ludwig Forum.
Ainsi a-t-on placé au milieu des Corot, (ce maître paysagiste français du 19ème siècle auquel toute une salle du musée est consacrée en permanence), un tableau façon poster, tout en ciel, tout en gris, d’un paysage de campagne comme on en voit le long des nationales : même sujet, mais manière différente d’un siècle à l’autre, à la fois photographique et abstrait.
Même procédé, mais cette fois sur le mode tonitruant, pour un ensemble monumental de trois gigantesques panneaux de couleurs primaires, un jaune, un bleu, un rouge, placardés entre deux tentures médiévales. Là, si l’on a pas la notice explicative, on est bien tenté de se demander pourquoi tant de litres de peinture ont été déversés pour si peu de nuances et si peu de formes. Et même avec le mode d’emploi, il est permis de demeurer perplexe. Surtout quand on pense à ce que Corot faisait d’une petite toile de quelques centimètres carrés, on se dit que qualité d’art et quantité de matière sont ici inversement proportionnels.
Ce n’est pas le cas des dessins à l’encre de Chine de Baselitz, dont les arabesques ont la force d’évocation des calligraphies orientales, ou encore de ce tableau de Rainer Fetting dont les traits vigoureux et les couleurs vibrantes d’intensité rappellent les grandes heures de l’expressionnisme allemand du début du siècle, (Emil Nolde, Egon Schiele, etc…)
Sans oublier un grand panneau en noir et blanc d’Anselm Kiefer d’une force à saluer, qui donne à voir une série de visages d’une rare expressivité, tantôt sculptés dans l’épaisseur de la peinture huileuse, tantôt ciselés avec la précision des gravures de Doré. L’ensemble est saisissant.

Publié dans l'Union sous nom marital le 22 novembre 2008

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Published by Anne Paulerville - dans Culture - beaux arts
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Anne Paulerville

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