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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 22:53

Spectacle de fin d’année idéal, puisque l’intrigue même du ballet se passe à Noël, la représentation du ballet de Tchaïkovski constitue dans les pays anglo-saxons un rituel presque aussi marqué que la rediffusion à la télévision des péplums bibliques ou des épopées romantiques entre fin décembre et début janvier.
Dans l’histoire du conte d’Hoffmann à l’origine du ballet, la jeune Clara reçoit en cadeau de Noël un casse-noisette en forme de petit bonhomme. Dans la nuit animée d’un étrange sortilège, les soldats de plomb commandés par Casse-noisette se livrent à une bataille rangée contre les souris de la maison. Réveillée par le fracas des hostilités qui font rage, Clara sauve ses chers jouets en péril d’un coup de pantoufle bien asséné. Et l’éperdue gratitude qui submerge le vaillant petit Casse-noisette à la vue de ce haut fait d’armes le métamorphose sur le champ en un véritable prince charmant, transformant de fait l’innocente petite fille en princesse débutante. On tremble à l’idée de ce qui serait arrivé si la pantoufle de Clara eût été aussi menue et délicate que celle de Cendrillon. A chaque conte de fée sa pointure.

 Ces trois derniers jours de 2008 au Grand Théâtre, c’est le Cirque National de Chine qui s’est emparé de cet onirique voyage initiatique, symbole fantastique du passage de l’enfance à l’adolescence. Trente-sept acrobates rompus aux techniques les plus époustouflantes avec la virtuosité acquise dès l’âge le plus tendre au cours des longues années d’un entraînement de fer dans les écoles de cirque de Chine, offrent un spectacle associant prouesses  physiques et danse à la musique originale de Tchaïkovski. A la fois mélodique et puissamment orchestrée, la musique du compositeur russe a été influencée par les romantiques allemands, et se marie par un alliage insolite à l’illustration orientale qu’en offre la troupe acrobatique de Dalian, héritière de la tradition du cirque qui fait partie intégrante de la culture chinoise depuis trois millénaires.

 Les airs de ce ballet créé en 1892 figurent au panthéon des tubes classiques les plus célèbres et présentent comme eux cette curieuse caractéristique : bien qu’écoutés et réécoutés, ils restent capables de conserver leur charme inaltérable. Et pour goûter la saveur de ces chefs d’œuvre-là sans succomber à la lassitude, il suffit de procéder avec ses oreilles comme avec son palais, et varier ce qu’on leur fait absorber. Ce n’est pas parce que manger du foie gras tous les jours conduirait à l’écoeurement qu’il faut se priver de ses délices, sans compter l’indicible plaisir de faire découvrir à sa progéniture l’émerveillement d’une histoire sans âge sublimée par la virtuosité d’une interprétation originale.



 Publié dans l'Union sous nom marital le 24 décembre 2008

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Published by Anne Paulerville - dans Culture - opéra
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Anne Paulerville

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Il paraît que le sens peut danser sur les mots


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Ces textes furent rédigés pour une presse dite populaire : la prise en compte du lectorat limite donc l'usage des références culturelles et des figures stylistiques.



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