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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 10:15

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"Certaines femmes sont plus égales que d'autres." Dans l'iceberg de la féminité, une petite part seulement a la tête hors de l'eau, quand le reste des continents la maintient encore noyée.
Ce que les femmes occidentales subissent (écarts de salaires, goujateries diverses,...) reste bien gentillet au regard de ce que des milliards d'entre elles souffrent encore, avant tout en Afrique.
Car ne nous y trompons pas. Contrairement à ce que voudraient nous faire croire les bougies ramollies qui ont remplacé le flambeau des Lumières dont quelques vacillantes étincelles gisent encore à terre : non, tout ne se vaut pas. 
Non, une culture qui excise et infibule ses femmes*, leur infligeant des tortures à vie, n'est pas digne de figurer au Panthéon de la civilisation ! Ne pas confondre culture et barbarie. Au Kenya, des femmes en furent réduites à fonder un village interdit aux hommes pour fuir les violences de leurs époux.
Pas plus qu'interdire à ses femmes de sentir sur leur peau la caresse de la lumière du jour n'est tolérable. Savent-ils, ceux qui cautionnent avec un sourire complaisant ces pratiques, que, dans la panoplie coutumière que cache la burqa, le mari a le droit de priver son épouse de nourriture si elle ne le satisfait pas pleinement sexuellement ? Croient-ils que ça existe, une burqa aux couleurs d'arc-en-ciel ? Que la diversité culturelle et le métissage, les imposeurs de linceul en rêvent ? Qu'ils accepteraient que leurs filles incarcérées sous le tissu se marient avec ceux qui ne se soumettent pas au joug de la Charia ?
L'esclavage a été aboli en France en 1848. Et l'on voudrait que, chassé par la porte, il revienne par la fenêtre, derrière les tchadors et les huis clos familiaux ? 
Il faut dire qu'une génération dont la révolte s'est construite au bruit des percussions et des slogans bien pensants mais mal pensés se laisse duper plus facilement que ceux qui ont bâti la leur autour de la solide colonne vertébrale des concepts et des livres. Hélas aussi, elle crie toujours assez fort pour que ceux qui ont les yeux ouverts gardent la bouche fermée.


*Environ 50 000 femmes excisées vivent en France, et encore trop de petites filles sont mutilées de même, soit sur place (plusieurs procès en témoignent), soit lors d'un voyage au pays.

Publié dans l'Hebdo du Vendredi le 5 mars 2010 

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Published by Anne Paulerville - dans Chronique : La date du jour
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commentaires

pakita 29/03/2010 15:11


Merci... merci ! Merci de dire si bien l'intolérable, l'insupportable, l'essentiel.
Merci d'élever ta voix pour toutes celles qui vivent l'enfer... loin de nos yeux peut-être, mais dans nos coeur.
Merci de répéter et répéter encore ce que tant ne veulent pas entendre !
merci.


Anne Paulerville 29/03/2010 20:50


Heureuse (tristement) de rencontrer ton enthousiasme dans cette indignation.
Merci de cette empathie qui fait si souvent défaut face à ces situations qui perdurent encore grâce à l'indifférence ou l'ignorance, la lâcheté ou l'hypocrisie.
 


Désirée 29/03/2010 10:34


Non??? Sur le territoire français?? Je savais que beaucoup de filles rentraient "au pays" pour y être excisées mais ici, ça me laisse un frisson glacé...


Anne Paulerville 29/03/2010 20:46


Oui, il y en a qui sont pratiquées sur le territoire français, comme en ont témoigné plusieurs procès d'exciseuses. Mais les chiffres avancés en note étaient excessifs : après vérification, la
plupart sont bien sûr, comme tu le rappelles, effectuées lors d'un voyage. Mea maxima culpa pour cette erreur qui, heureusement, est un ajout sur le web et ne figurait pas sur le journal.
Voilà qui est corrigé. Merci de ton intervention qui m'a mis la puce à l'oreille.


Anne Paulerville

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Il paraît que le sens peut danser sur les mots


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